“Voici regroupées des chroniques écrites au fil du temps depuis maintenant une dizaine d’années. Si je les souhaite à peu près véritables, elles n’en sont pas moins romancées. [...] J’ai toujours écrit ces textes dans le désir, non d’affirmer quoi que ce soit, mais de décrire, dépeindre, raconter une vie ordinaire de comédien ordinaire. Je ne donne aucune connotation péjorative à ce mot, que je ne prends pas dans le sens de terne, moyen, médiocre, mais dans celui de coutumier, régulier, normal. La banalité en question m’est précieuse. [...] Plus exactement, sans porter le moindre jugement de valeur, sans jouer le désenchantement du comédien qui commence à en avoir beaucoup vu, je voudrais montrer l’ordinaire d’une vie que l’on a coutume de percevoir comme nécessairement et toujours extraordinaire. Et j’aimerais évidemment qu’on perçoive le caractère un peu, parfois, extraordinaire de cet ordinaire.”
Voici comment Denis Podalydès présente son livre. Tout est dit. Quelques chroniques écrites à l’impulsion, sans fil directeur si ce n’est qu’elles concernent son métier. Et c’en est passionnant. C’est un témoignage rare car plus complet que les autres. Il prend ici le temps de décrire son ressenti, contrairement à ce que l’on peut lire dans la plupart des interviews, le tout d’une plume très douce, qui semble glisser toute seule.
C’est un livre qui ne se lit pas d’un coup néanmoins. Je l’ai pour ma part lu chronique par chronique ; c’est un texte qui fait réfléchir. Si l’on se doit, à mon sens, de s’arrêter quelquefois, c’est par pudeur, pour respecter la vie de ce comédien qui s’expose. Je ne vous cache pas que j’ai parfois pleuré en le lisant, mais je m’en voudrais de dire ici pourquoi. Je vous encourage donc à le lire, c’est plus simple.
Mais si Denis Podalydès est parfois émouvant il est aussi parfois – je dis ici comme je l’ai ressenti – énervant. A plusieurs reprises il se rabaisse, c’est limite s’il ne dit pas qu’il joue mal. Certes je comprends que l’on puisse ne pas aimer son propre jeu, mais pour un comédien au sommet comme lui, je trouve cela hypocrite de le dire comme il le fait. C’est surtout qu’il ne pense pas à ses lecteurs et tous ceux qui rêveraient d’être comme lui… S’il n’est pas heureux, qu’il laisse sa place aux autres !
Dans ce livre, le sociétaire du Français s’évertue – et c’en est parfois lourd – à désacraliser le métier de comédien. Il a le droit de percevoir son quotidien comme routinier. Mais sait-il qu’ainsi il a créé un grand vide en moi, détruisant l’image extraordinaire de ce à quoi j’aspire ? Pour vous faire une idée, je me suis sentie comme un petit enfant qui apprend que le père Noël n’existe pas. Il a brisé mes rêves et je dois le dire… je lui en veux un peu. C’est parfaitement puéril, j’en ai conscience. Il n’empêche que.
Toujours est-il que c’est un témoignage précieux que je vous encourage très vivement à lire. Il permet de découvrir un milieu somme toute très mystérieux, et je dois vous dire que je l’ai déjà relu deux fois.


Sept personnages de Molière, bel et bien vivants, enquêtent sur le décès du dramaturge qu’ils pensent mort empoisonné et non à cause de sa tuberculose. Ainsi Scapin, Agnès, Tartuffe, Alceste, Argan, Harpagon et Dom Juan, revenu d’entre les morts, sillonnent Paris à la recherche du coupable.
Autant 








