Comment parler du théâtre sans évoquer la Comédie-Française ? Cet endroit fabuleux, cette ruche -puisque tel est son emblème – grouillante d’activité, ce superbe bâtiment et la merveilleuse ambiance qui règne à l’intérieur ?
Parmi ceux qui connaissent le Français, on peut former deux groupes : ceux qui restent insensibles à sa magie – parce que trop conventionnelle – et ceux, comme moi, qui en tombent amoureux. Son atmosphère a le don de happer le cœur de certains et d’y opérer des modifications que je pense irréversibles, d’y allumer une puissante flamme.
Mon amour pour cette maison est récent, je l’avoue. Il date de moins d’un mois. C’est très peu, me direz-vous. Mais ma passion pour le Français s’est immédiatement imposée à moi, de manière évidente ; elle n’est plus seulement au centre de Paris mais aussi au centre de ma vie.
Côté histoire, elle a été fondée le 25 août 1680, sur un ordre du roi expédié le 18. Ce 25 août, donc, marque la jonction des comédiens de l’Hôtel de Bourgogne et ceux de l’Hôtel Guénégaud – dont les comédiens de Molière, décédé sept ans plus tôt. Relater ici toute l’histoire de la Comédie-Française serait bien trop long, je m’arrêterai donc ici. C’est que la maison de Molière est passée par bien des épreuves ! Nombreux changements de salle, heurts avec l’Eglise, arrestation des comédiens, dissolution de la troupe, incendie… Je vous invite à lire la passionnante Grande histoire de la Comédie-Française pour tout savoir. Et c’est long !

L’une des particularités du Français, c’est que tout est “fait maison”, par les ateliers de la Comédie-Française : les décors, les costumes*… C’est aussi le seul théâtre d’État à posséder sa propre troupe de comédiens, permanente. Et il y a tellement d’autres choses qui font de la Comédie-Française un théâtre complètement à part, et même bien plus qu’un simple théâtre ! L’effervescence culturelle à l’intérieur est quelque chose de difficilement imaginable. Imaginez qu’ils sont 400 à y travailler, que les murs sont couverts de tableaux, et que dès que l’on monte dans les étages des ateliers, tous les couloirs sont encombrés de costumes plus magnifiques les uns que les autres…
Le plus beau, je crois, dans cette grande maison, c’est le dévouement du personnel, dans un seul et unique but : faire vivre le répertoire. L’abnégation passionnée de ceux qui y travaillent – et pas seulement des comédiens – a quelque chose de sublime. Je crois que c’est Loïc Corbery qui a déclaré un jour à la télévision que “le plus dur, c’est d’avoir une vie en-dehors” (ou quelque chose dans le genre). C’est un fonctionnement qui me séduit, autour d’un seul mot d’ordre : le rideau doit se lever tous les soirs, quelque soit la situation. Le monde peut s’écrouler, les comédiens joueront toujours. Tout pour le théâtre. Tout pour le répertoire !
Tout est si magique dans cette maison…
* : Exception faite de certains spectacles comme L’Opéra de Quat’Sous : là, Laurent Pelly a demandé à ce que les costumes soient achetés dans le commerce, et c’est lui qui a supervisé le choix des tenues.









Bonjour
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(je n’étais pas du tout d’accord avec la distribution, ni avec le fait qu’aucun des personnages ne se touchait, presque ne se regardait, à aucun moment).
Je ne partage pas entièrement ton avis ; j’ai vu du bon à la Comédie-Française, c’est vrai (La Grande Magie, notamment …) !
Mais il y a aussi certains spectacles largement en-dessous de ce qu’on attend du Français ; je pense ici à la pièce d’Aristophane (enfin, devrais-je dire l’adaptation de) “Les Oiseaux” … une adaptation et une mise en scène absolument catastrophiques … Je pense aussi à “Andromaque”, mise en scène de Muriel Mayette, qui, pour une première approche de Racine, n’était pas atroce, mais disons que … si j’avais mis en scène, je n’aurais pas du tout procédé ainsi
Sinon, sais-tu que les acteurs de la Comédie-Française se “licencient” entre eux (je ne trouve pas le terme exacte) … Même de très bons acteurs ont été mis à la porte, par ceux qu’ils pensaient pouvoir appeler “camarades” , “amis” …
J’aime beaucoup ton blog, je reviendrai !
Effectivement, tout n’est peut-être pas excellent… Mais les Comédiens-Français ne sont pas des surhommes ! (et des surfemmes, mais ça ne se dit pas >.<). Mais il faut dire aussi que j'ai découvert le théâtre dans tout sa magnificence grâce à une pièce jouée par la Comédie-Française, c'est donc quelque chose de très fort pour moi… Il faut dire aussi que j'ai eu la chance immense d'y effectuer mon stage d'observation (je suis en classe de troisième), et voir la Comédie-Française de l'intérieur, c'est autre chose que simplement en spectacle !
Et effectivement, ils peuvent se "licencier entre eux". Mais c'est plus compliqué que cela ! Un contrat peut ne pas être renouvelé. Voilà. Un pensionnaire peut rester des années parce qu’on a besoin de lui mais sans vouloir forcément le faire passer sociétaire, ou bien peut partir à la fin de son contrat (un an)… Effectivement. Mais tout dépend des circonstances, aussi ! Et je te ferais remarquer qu’un sociétaire est engagé pour dix ans (avec un contrat renouvelable au bout de cinq ans). C’est pas mal, tout de même !
Merci, en tout cas, pour ton commentaire. =)
“Il faut dire aussi que j’ai eu la chance immense d’y effectuer mon stage d’observation (je suis en classe de troisième), et voir la Comédie-Française de l’intérieur, c’est autre chose que simplement en spectacle !”
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Wouuuuah ! La chance ! J’avoue que je n’aurais pas dit non
Je suis assez insensible à la programmation de la comédie Française (je m’y suis même franchement ennuyé les quelques fois où j’y suis allée, notamment pour Les oiseaux d’aristophane(comme “MDT” à ce que je vois)).
Je suis une incorrigible fan de la diversité de styles dans des théâtres publics un peu moins… enclavés dans une tradition de répertoire et nettement plus contemporains (je reconnais toutefois que certaines grandes mises en scène y passent, bien entendu!!): Théâtre de la colline, l’Odéon, le théâtre du soleil, le théâtre de la ville, les théâtres de banlieue… et bien d ‘autres.
(par contre je comprends tout à fait l’attachement post-stage/révélations, j’ai eu exactement le même phénomène avec le théâtre des champs-élysées, mais en bien moins précoce que toi!
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Très bel article ceci dit.
Effectivement je peux comprendre tout cela. Mais dans ce cas-là, on peut aller au Studio-Théâtre, les pièces jouées ne sont pas du tout les mêmes et c’est aussi la Comédie-Française
Et ce qui me plaît en partie au Français, c’est justement cette notion de répertoire… Et il ne faut pas oublier que la perfection est (pratiquement, car c’est somme toute assez subjectif) impossible… Qui sait, peut-être m’arrivera-t-il, un jour, de m’y ennuyer moi aussi !