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Les Inconnus : Les oeils en coulisse

21 février 2012

En toute sincérité, je n’ai pas résisté à l’envie de vous faire partager ce sketch. Autant je ne suis pas une grande amatrice – et ce de quelque humoriste que ce soit, sauf exception – autant l’humour ici m’a plu Pour quelle raison ? Parce qu’ils ont su parfaitement observer des interviews de comédiens et la parodie est aussi drôle qu’elle sonne vrai (et parce que ce n’est pas un humour lourd). Regardez la partie sur la Comédie-Française ! On a presque l’impression de se trouver en face des vrais Comédiens-Français (notez les cigarettes, détail que j’ai souvent remarqué chez les “originaux”). Après, je n’apprécie que (très) moyennement les “extraits” de la “pièce” au Français, parce que qu’ils tournent véritablement au ridicule l’institution.  Enfin bref, je vous laisse découvrir cela par vous-mêmes :

Section “Theatre and Performance” au Victoria & Albert Museum

14 février 2012

Pour tout vous avouer, avant d’entrer dans le musée j’ignorais totalement l’existence de cette section. Dès que je m’en suis aperçue, hop ! direction le troisième étage, divisions 103, 104, 105 et 106.

Je suis un peu déçue je dois dire… Il faut visiter les autres parties du musée pour comprendre pourquoi c’est le cas. Au V&A tout est magnifique, vraiment superbe, la disposition des œuvres calculée au mieux. Notamment la section bijoux, que l’on doit traverser pour atteindre la partie théâtre. C’est magnifique, et on s’attend à la même chose pour le théâtre… Effectivement la collection est extrêmement intéressante mais semble laissée à l’abandon comparée au reste… Alors qu’il suffirait d’un minuscule effort pour que ce soit aussi beau ! D’autant que cela vaut – pour la plupart – le détour.

Ainsi est-ce le cas d’une reproduction du costume du Soleil qu’a porté Louis XIV ou du majestueux costume de rhinocéros ayant servi lors de la création de la pièce de Ionesco. Ce dernier est la toute première chose que l’on voit en entrant dans l’exposition, et il faut bien l’avouer… Ça impressionne !

On peut aussi observer des maquettes de théâtres et de décors,  une reproduction de loge, ou une exposition temporaire dédiée à Annie Lennox – pas le meilleur de la visite, excepté pour les fans. Cela fourmille d’explications sur les moyens scéniques utilisés par exemple pour faire apparaître “comme par magie” un acteur sur scène (une trappe en forme d’étoile utilisée au début du XXe est ainsi exposée) ou de conseils sur comment écrire une pièce, choisir ses acteurs etc. (ce qui est en fait bien superflu, parce que les “conseils” ne nous apprennent en réalité rien du tout).

On trouve aussi de véritables objets historiques, comme par exemple… un harnais utilisé lors de la toute première représentation de Peter Pan ! Apparemment il n’y a que moi que cela intéresse vraiment, mais pour ceux qui aiment JM Barrie, c’est une pièce exceptionnelle, tout comme les photos de la représentation qui l’entourent ! Bref…

Il faut aussi mentionner une partie de la visite qui fait le bonheur de tous, particulièrement des enfants : une sorte d’armoire regorgeant de costumes de toutes sortes – soldat, gentilhomme, oiseau, chinois…- mis à la disposition du public ! Pour tout vous avouer, j’y ai moi-même passé beaucoup de temps…

Donc si vous allez à Londres, allez y faire un tour ! D’autant plus que le musée est entièrement gratuit.

Tempête sous un crâne, d’après Victor Hugo, mise en scène de Jean Bellorini

4 février 2012

Par où commencer ? Je ne sais… Peut-être tout simplement en déclarant que c’est beau. Très beau même.

Tempête sous un crâne est une adaptation des Misérables de Victor Hugo. Une adaptation scénique mais pas une pièce. Le texte de ce monstre sacré de la littérature a été coupé, recoupé, mis en musique, mais ici les acteurs sont des conteurs. Il n’y a pas de réécriture.

Il ne faut pas, comme moi, partir avec des a priori en voyant, en s’installant, une batterie posée dans un coin, côté cour, un peu en retrait. Au contraire. Au bord de la scène, côté jardin, se trouve un piano. Plus tard arriveront des accordéons. Sur ce plateau presque nu, deux comédiens dans la première partie et cinq dans la seconde, toujours accompagnés de deux musiciens, font vivre et vibrer le texte d’Hugo, qui s’envole, occupe toute la salle, fait chavirer les cœurs lors des passages les plus intenses. Souvent la musique vient soutenir les comédiens, souligne encore la poésie omniprésente. Quelques rares passages sont chantés, d’autres – plus nombreux – “slamés”, preuve nouvelle de l’universalité de l’œuvre. Et cela fonctionne, Bellorini a réussi, le rythme est en place. On se laisse emporter. Aussi incroyable que cela puisse paraître, la musique est aussi belle que le texte. Je vous laisse imaginer le résultat.

On pourrait émettre quelques réserves sur l’une des comédiennes, Clara Mayer – écharpe bleue. Elle butte sur quelques mots, lors de passages scandés mord les dernières syllabes de son partenaire. Mais ce n’est rien tant son Gavroche triomphal est émouvant, bien qu’un peu fébrile et pas persuasif du tout lorsqu’il court – tout jeune qu’il soit, je doute qu’il fasse ainsi de grands moulinets avec les bras… On peut regretter aussi que la seconde “époque” s’éternise : bien que superbe, l’entracte a cassé le rythme et il est bien difficile de se plonger à nouveau dedans. Dommage.

On pourrait dire encore mile choses sur ce spectacle, saluer la mémoire aussi éléphantesque qu’infaillible des acteurs, la beauté des lumières, de la découpe du texte – même si l’acharnement de Javert est presque totalement absent -, de tout.

Alors, à voir ? Oui, évidemment ! A noter aussi que le DVD sort le 21 février et que le spectacle continue de tourner dans toute la France (en mai à Paris, au Centquatre).

George Dandin, mise en scène de Catherine Hiegel au Français (DVD)

22 janvier 2012

Lorsque L’Avare a été diffusé à la télévision, il y a quelques années, je l’ai vu et en ai été très enthousiasmée, d’autant que je m’en souvienne. Très naïvement, j’ai pensé que ce serait ici la même chose, Catherine Hiegel ayant signé les deux mises en scènes.

Eh bien, pour être franche, c’est loin d’être la meilleure pièce du coffret Molière. L’ennui pointe même à plusieurs reprises. Si l’on considère le décor et la scénographie, tout va pour le mieux. Rien de bien nouveau mais cela a au moins l’avantage d’être réussi. Il y a par exemple une perfection dans le détail (je parle ici du décor) qui est inhérente à la Comédie-Française, et le réalisme n’en est que renforcé.

En fait tout irait bien, on pourrait passer de très bons moments devant le DVD si la distribution ne venait tout gâcher. En premier lieu, Bruno Putzulu, George Dandin soporifique, plat et sans aucun conviction. On se demande même s’il réalise que le personnage qu’il interprète se suicide. On a envie de lui dire de se secouer un peu – et de ne pas monter le ton alors qu’il doit descendre, aussi. En ce qui concerne les autres acteurs, aucun ne rayonne. Même Jérôme Pouly semble avoir laissé son talent dans sa loge, bien qu’il soit indéniablement l’un des comédiens les plus convaincants de la pièce. La crédibilité manque parfois : on chuchote comme feule un chat, on surjoue, on reste dans la boue même si son personnage en a horreur.

On peut aussi regretter une absence de prise de parti dans la mise en scène. Certaines pièces de Molière peuvent être montées en tragédies, et c’est le cas de George Dandin. Alors, ou l’on appuie sur ce paradoxe, ou l’on applique véritablement le castigat ridendo mores, et on se moque des personnages. Ici, le problème, c’est qu’il n’y a rien qui fasse rire… Pas une grande pièce, donc.

Je suis désolée pour la mauvaise qualité des images, je n’en ai pas trouvé de meilleures.

Art, de Yasmina Reza

14 janvier 2012

Cette pièce m’intriguait depuis qu’un garçon faisant du théâtre avec moi a déclaré avoir envie de prendre des cours depuis qu’il l’avait vue… Alors je me suis laissée tenter…

Serge a acheté un tableau. Comme le dit si bien son ami Marc, “un tableau blanc avec de fins lisérés blancs transversaux”, qu’il a payé 200000 francs. Pour ceux à qui, comme moi, cela ne parle pas trop, cela fait environ 30490 €. Ce tableau, donc, “cette merde” comme dit Marc, va déclencher un cataclysme dans les relations entre les deux hommes ainsi que leur ami commun, Yvan, un homme un peu mou, influençable. Qu’est-ce que l’art contemporain peut bien valoir ? Qu’est-ce que vivre en étant de son temps ? Cet achat est-il aussi aberrant que le pense Marc ? Et surtout… Qu’est-ce qui peut lier encore les trois hommes ? Qu’est devenue leur amitié ? Ont-ils toujours les mêmes valeurs ?

Une pièce-anguille, voilà comment je la qualifierais. Elle glisse entre les doigts, s’échappe. On ne sait pas trop quoi en retenir. Certes, elle peut être drôle. Certes, le texte n’est pas désagréable, bien qu’un peu répétitif. Certes, il y a tout une réflexion sur l’amitié et les relations avec autrui… Mais cette réflexion paraît inaboutie, un peu fade.

Je ne saurais dire si j’ai aimé ou pas. Je ne saurais non plus dire pour quelle raison. Cette pièce est un étonnement à elle toute seule, et c’est pour cela qu’elle m’a marquée. (Et puis je me retrouve un peu dans le personnage de Marc…) Je comprends même aisément qu’Art puisse avoir du succès. Il me semble cependant qu’elle ne fait pas partie de ces pièces que l’on peut lire simplement ; elle a vraiment besoin de la scène pour s’épanouir. On peut vraiment faire quelque chose d’intéressant des personnages, quelque chose de très drôle, alors que ce qui peut l’être dans le texte retombe comme un soufflé lorsqu’on ne fait que le lire… Je regarde si je peux, d’une manière ou d’une autre, la voir, et je vous reparle peut-être.

La grande histoire de la Comédie-Française

3 janvier 2012

Quelle merveille ! Je ne cesse de m’extasier dessus depuis les dix jours que je le possède. En librairie je soupirais d’envie devant, et je confirme aujourd’hui que ce livre mérite amplement tous ces soupirs ! Je manque de superlatifs pour décrire mon enthousiasme…

Dans ce superbe étui, un DVD et deux livres : le second contient uniquement le texte du premier, sans illustration. Une attention que j’apprécie : il est beaucoup plus facile à transporter et l’on n’a pas trop mauvaise conscience en l’abîmant (pas sciemment, évidemment…!). Mais le meilleur reste encore d’être dans son lit, sous des couvertures bien chaudes, l’énorme livre bien pesant sur les genoux… C’est qu’il est lourd, et a de quoi l’être ! Trois-cent quatre-vingt cinq pages de magnifiques photos, de multiples anecdotes, de détails sur l’histoire de l’illustre institution… Un pavé véritablement passionnant, très complet, qui contient ce que les amoureux du Français attendaient de savoir. Tellement intéressant, d’ailleurs, que je crois pouvoir déclarer connaître à présent bien mieux l’histoire de la Comédie mieux que celle de la France en général !

Ses deux grands atouts : précision et illustration. Le texte est plein de rigueur, du moins d’autant que je puisse en juger, et de clarté. L’histoire du Français et si enthousiasmante, car pleine de rebondissements et – c’est le cas de le dire – de coups de théâtre, que l’on le lit comme un excellent roman. Avec facilité et un plaisir intense.

On ne peut regretter qu’une chose, que le DVD ne soit pas plus long ! Regroupant des images d’archives, il est en effet relativement court. Pourtant, on en redemande ! Le terme a déjà été utilisé, je le reprends : c’est vraiment, et sans aucun doute, LE livre référence en la matière pour tous les épris de la Comédie-Française. Un véritable bijou pour lequel il ne faut pas bouder son plaisir…

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